Rencontrez les vignerons de l’épisode 4 – Bordeaux Loves Belgium !
octobre 27, 2021

Rencontrez les vignerons de l’épisode 4 – Bordeaux Loves Belgium !

Anne-Sophie Giambi, artiste de l’assemblage

Elle a su très tôt qu’elle serait œnologue, et plus de vingt années passées au sein de la Maison J-M Cazes n’ont pas entamé sa passion pour la magie de l’assemblage. Aujourd’hui directrice technique, Anne-Sophie Giambi déguste, sélectionne et assemble, pour créer les vins de la marque Michel Lynch.

« Partir du fruit, de la terre, pour obtenir un produit fini que l’on peut moduler à souhait : voilà ce qui m’a très vite attirée ». Anne-Sophie Giambi est encore lycéenne à Bordeaux, quand le père d’un copain de classe, professeur d’œnologie, lui fait découvrir l’univers du vin. A 18 ans, la voilà en stage chez BPHR (Baron Philippe de Rothschild), puis à la faculté, en licence Sciences de la Vie et de la Terre. Son Diplôme National d’Oenologue en poche, elle part faire les vinifications en Australie, puis décroche un premier poste fin 1995 au sein du négoce La Compagnie Médocaine des Grands Crus, à l’époque propriété de Jean-Michel Cazes. « C’était un poste ouvert sur les clients, où j’ai découvert les multiples façons dont on pouvait consommer le vin ». Une première étape au sein de la maison Cazes, dont elle fait toujours partie 25 ans plus tard.

Aujourd’hui, Anne-Sophie Giambi est directrice technique de la gamme Michel Lynch, au sein de la maison J-M Cazes. Son métier ? Déguster, découvrir des pépites, puis assembler. « Reproduire un style d’année en année, garder la même qualité, s’adapter aux attentes des consommateurs ». Cet art de l’assemblage, elle le maîtrise et s’en émerveille encore, après des années de métier : « C’est fascinant d’identifier des vins qui peuvent nous sembler pertinents, puis de les marier, et obtenir à chaque fois un résultat différent. L’assemblage, ce n’est jamais 1+1=2. Il y a une magie qui doit s’opérer ».

A la tête des vins de marque Michel Lynch, elle a tenu à développer, depuis plusieurs années déjà, un vin bio. « En 2009, il y avait peu de vins de marque avec une version biologique. Le milieu du vin considérait à l’époque les vins bio comme peu qualitatifs, nous souhaitions avec les équipes démontrer l’inverse. Nous avons donc trouvé des partenaires viticulteurs qui faisaient du bio depuis longtemps, et qui travaillaient admirablement bien ». Ainsi est née la gamme Michel Lynch Nature. Des vins rouges et blancs, qui ont trouvé au fil des années de restaurateurs et cavistes fidèles, ainsi que des clients au Japon, très sensibles aux produits organiques. 

Le millésime : Michel Lynch Nature 2016, AOC Bordeaux

« Nous avons eu en 2016 de belles conditions pendant l’été, qui ont donné un millésime très riche, avec une belle fraîcheur et un potentiel de vieillissement. Il est dans son apogée aujourd’hui. Ce Michel Lynch Nature est un vin fruité et pur, avec une amplitude en bouche, des tanins mûrs, fondus et gourmands. Il n’a pas de note boisée, c’est notre volonté puisqu’il n’est élevé qu’en cuve inox. »

Fabien Laborde, l’œnologue devenu vigneron

 Œnologue de formation, Fabien Laborde est passé de la biochimie… à la terre. Il est devenu, au fil des années, un fervent défenseur de la viticulture raisonnée, qu’il s’applique à mettre en œuvre depuis 2006 à la direction du Château d’Argadens, en AOC Bordeaux Blanc et Bordeaux Supérieur.

« Si on donne du mauvais raisin à un œnologue, il ne fera jamais du bon vin ! ». L’expérience de terrain a rapidement rappelé cet axiome à Fabien Laborde. Diplômé d’œnologie en 1994, entré la même année chez Maison Sichel, famille de négociants et exploitants bordelais, il s’est en effet vite rendu compte que la biochimie ne suffisait pas à faire du bon vin. « On a tendance à considérer l’œnologue comme la star, le magicien, celui qui crée le produit. Or le nerf de la guerre, le fondement de tout, c’est le sol, la vigne. »

Aujourd’hui, il dirige le Château d’Argadens (40 hectares – pardon, 23 parcelles – en AOC Bordeaux Blanc et Bordeaux Supérieur), en même temps qu’un ‘’vendangeoir’’ de la Maison Sichel, qui regroupe une vingtaine de viticulteurs des villages alentours et dont il vinifie chaque année les raisins. En près de trente ans d’expérience, Fabien Laborde s’est forgé une conviction : l’approche du sol doit être raisonnée, au sens premier du terme. Sur ce point, il est intarissable. « D’une année sur l’autre, il est inutile de chercher à appliquer une même recette. Il faut considérer les éléments – la nature, la météorologie, les outils, les produits – avec raison, et savoir s’adapter en conséquence. Ne pas s’obstiner dans des impasses techniques, ou multiplier les intrants sous prétexte que le voisin, lui, a traité sa vigne. »

Ainsi, le Château d’Argadens est l’une des premières propriétés bordelaises à avoir rejoint en 2010 le SME (Système de Management Environnemental), une démarche collective visant la certification environnementale HVE. « Aujourd’hui, notre but est de diversifier au maximum la biodiversité : qu’il y ait de la vie autre que la vigne. Revenir à l’esprit d’une ferme d’antan ». La propriété abrite un poulailler, un verger, bientôt des moutons dans les vignes. Et l’équipe multiplie les plantations régulières d’arbres, haies, buissons.

« Nous avons un terroir magnifique, sur une colline de 105 mètres de hauteur, avec un sol argilo-limoneux difficile à travailler, mais qui a l’avantage de ne jamais souffrir de sécheresse – l’argile retenant l’eau. » L’encépagement est varié : sur les 35 hectares de Bordeaux Supérieur Rouge, 25 hectares de Merlot, 8 hectares de Cabernet Sauvignon, 2 hectares de Petit Verdot. Et sur les 5 hectares de Bordeaux Blanc, 3 hectares de Sauvignon, 1 de Sémillon, et 1 hectare tout récent de Colombard, qui produira du raisin pour la première fois cette année.

Le millésime : Château d’Argadens 2019, AOC Bordeaux Blanc

« Ce Bordeaux Blanc est composé pour deux tiers de Sauvignon, un tiers de Sémillon. 2019 était une très grande année pour le Sauvignon, qu’on a vendangé très tôt (dès le 30 août), au petit matin pour préserver les arômes, et ce fameux équilibre entre maturité et fraîcheur. En revanche, on a laissé mûrir le Sémillon, pour qu’il soit gras, charnu. C’est ensuite l’assemblage de ce Sauvignon précoce, aux parfums d’agrumes, de buis, et du Sémillon, gras, riche, qui donne tout son équilibre à cet Argadens blanc. »

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Portrait: Paul et Emilie Mercadier