Rencontrez les vignerons de l’épisode 3 – Bordeaux Loves Belgium !
Portrait
octobre 27, 2021

Rencontrez les vignerons de l’épisode 3 – Bordeaux Loves Belgium !

Jean-Yves Bechet, la biodynamie au cœur

Depuis bientôt 40 ans, Jean-Yves Bechet soigne ses 22 hectares de vigne en AOC Côtes-de-Bourg avec passion et délicatesse.

« Au début, c’était un concours de circonstances. Aujourd’hui, oui, on peut parler de passion ». Jean-Yves Bechet, 73 ans, repense avec amusement à ses débuts : diplômé de Sup de Co Bordeaux (école de commerce devenue Kedge), il décroche un peu par hasard un premier emploi chez un négociant bordelais. Quelques décennies plus tard, il dirige avec ferveur le Château Fougas, une exploitation de 22 hectares (80% Merlot, 20% Cabernet Sauvignon) en appellation Côtes-de-Bourg, dont les premières traces remontent au XVIIIe siècle.

« J’ai racheté la propriété en 1982, et j’ai tout de suite travaillé les sols. Sur ce terroir, drainé naturellement par deux petits ruisseaux en contrebas, cela fait 40 ans qu’on apporte à la vigne tout ce dont elle a besoin pour développer une vie biologique dans les sols, condition indispensable à l’obtention d’un vin de qualité et de « Terroir ». Ma théorie, c’est qu’il ne faut pas qu’elle souffre ».

Au fil des ans, l’homme est devenu un passionné, et pourrait vous parler des heures de la façon dont la vigne doit puiser ses forces au plus profond. Son défi chaque année ? « Que tous les pieds de vigne, tous les raisins d’une même grappe, soient sains et mûrs en même temps ». Son exploitation a obtenu la certification bio en 2010, une viticulture qu’il complète par une pratique de la biodynamie, dont il aime le rythme pourtant très matinal. « Au lever du jour, on pulvérise des tisanes et de la silice qui créent de mini arcs-en-ciel devant le tracteur, c’est magnifique. On peut se prendre pour Dieu ces matins-là ! » s’émerveille-t-il.

Son épouse Michèle à ses côtés, Jean-Yves Bechet n’est pas prêt à prendre sa retraite – et son fils ne semble pas pressé de prendre sa suite. « Je fais plein de choses, plusieurs métiers en même temps : je suis sur mon tracteur, le lendemain je suis commercial, le surlendemain j’opère dans les chais… Pourquoi s’arrêter ? »

Le millésime : Château Fougas 2019, AOC Côtes-de-Bourg

« C’est un beau millésime ; nous avons atténué les effets des changements climatiques sur nos vignes grâce à un enracinement profond, et la pratique de la biodynamie. Elevé en barrique pendant 12 mois, c’est un vin qui n’est pas lourd, ni en sur maturité, très peu boisé et sur le fruit, il se déguste facilement. Dans le vin, je n’ai jamais recherché la surpuissance mais plutôt la finesse, l’élégance et le raffinement. »

Pierre & Marie-Laure Esnée, des Normands à Lalande-de-Pomerol

Fils d’une famille d’industriels normands, passionné de vin, Pierre Esnée a racheté il y a peu, avec son épouse Marie-Laure, le Château Garraud-Treytins, à Lalande-de-Pomerol. Un nouveau défi pour ces investisseurs enthousiastes.

« Il y a 60 ans, notre famille fabriquait des yaourts avec le lait de la ferme de mon grand-père ». Ainsi commence l’histoire de Pierre Esnée, originaire de Bayeux, fils d’industriels normands. Il y a une trentaine d’années, avec son épouse Marie-Laure, il se lance dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Désormais à la tête d’un groupe hôtelier présent dans toute l’Europe, les voici qui poursuivent un projet personnel : passionnés par le vin, ils se mettent en tête il y a quatre ans d’investir dans une propriété viticole. « Comme nous sommes assez ouverts d’esprit, nous nous disions que c’était l’opportunité qui nous ferait sauter le pas », racontent-ils aujourd’hui.

En 2019, l’opportunité se présente : les Esnée rachètent le domaine Garraud, en AOC Lalande de Pomerol. « C’était un domaine d’un seul tenant, avec un sol de grande qualité. Suffisamment grand – 45 hectares – pour qu’on puisse y déployer des activités commerciales et dessiner une stratégie de développement. Nous l’avons tout de suite vu comme une ‘belle endormie’. »

Dès leur arrivée, au premier semestre 2019, Pierre & Marie-Laure Esnée donnent les moyens à leurs équipes d’entamer une conversion vers l’agriculture biologique, complétée par des pratiques de biodynamie. L’agroforesterie est aussi l’une des dimensions du projet : une centaine d’arbres ont déjà été plantés, et plusieurs kilomètres de haies sont à l’étude.

Si les Esnée ne sont pas présents au quotidien (« nous sommes des pigeons voyageurs, constamment entre la Normandie, Paris et Bordeaux »), ils ont su s’entourer d’une équipe motivée et techniquement irréprochable, dans laquelle on compte Stéphane Derenoncourt en consultant œnologue. Parallèlement, au sein de leur activité d’hôtellerie, les Esnée travaillent depuis 15 ans avec Jean-Luc Jamrozik, président des Sommeliers de Paris, qui s’est révélé « un ambassadeur de choix pour notre vin ».

Pierre & Marie-Laure Esnée tiennent pour autant à s’impliquer, au moins une semaine par mois, dans les prises de décision de la propriété. « C’est un challenge personnel, nous n’avons pas de formation spécifique dans ce métier. Mais nous écoutons, sommes présents, et nous souhaitons emmener l’équipe vers la réalisation d’un projet global, pour un domaine qui le mérite. C’est ça qui nous passionne. »

Le millésime : Château Treytins 2018, AOC Lalande de Pomerol

« Nous avons pris ce millésime en cours d’élevage, au premier semestre 2019. Nous partions d’une copie blanche. Le domaine est à dominante Merlot, mais nous souhaitions un vin sur la finesse, sur le fruit, moins structuré que les précédents millésimes. Nous avons donc minoré l’élevage en barrique. La dégustation nous a ensuite conduits à forcer le pourcentage sur le Cabernet Franc, qui apportait du fruit et de la fraîcheur. L’assemblage final est de 50% Cabernet Franc, 45% Merlot, et une touche de Cabernet Sauvignon. Notre ami sommelier Jean-Luc Jamrozik le recommande sur une pintade farcie ou un chateaubriand aux cèpes ».

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