Les animaux de la vigne : des alliés indispensables !
Bordeaux Magazine
novembre 21, 2022

Les animaux de la vigne : des alliés indispensables !

Des animaux dans le vignoble : pourquoi c’est important

Il fut un temps pas si lointain où nos amies les bêtes n’étaient pas vraiment les bienvenues dans les vignobles. Suspectée d’abîmer les ceps et les grappes, mais aussi d’être porteuse de maladies, la faune locale a même été volontairement éloignée de la nature viticole. Cependant, à l’heure du développement durable, les initiatives se multiplient en faveur du retour des animaux dans la vigne au nom de la biodiversité et de la préservation de l’environnement. Zoom sur la manière dont ils réinvestissent les parcelles, et sur leur rôle clé pour la qualité des raisins qui composent les vins de Bordeaux.

La biodiversité du vignoble favorisée par le retour de la faune Nature-Faune-Biodiversité-Vignes

Depuis plusieurs années, l’une des priorités majeures des viticulteurs bordelais demeure la protection et l’épanouissement de l’écosystème naturel de leur exploitation. Car en développant la biodiversité du vignoble, les sols s’enrichissent considérablement. Ils participent ainsi à la bonne vigueur de la vigne et, par conséquent, à la qualité du produit final. Ce rôle déterminant de la bonne santé d’un terroir sur le profil aromatique d’une cuvée est notamment abordé pendant l’atelier « Dégustation mode d’emploi » de l’École du Vin de Bordeaux : une exploration complète et fascinante des secrets des vins bordelais, proposée sur une journée ou lors de quatre soirées. 💡

Pour atteindre leur objectif, les vignerons encouragent donc le retour d’une vraie diversité végétale, mais aussi animale, sur les terres viticoles du Bordelais. Grâce à un plus grand enherbement des parcelles et à la mise en place de micro-habitats spécifiques (plantation de haies, talus, fossés, arbres et arbustes), la faune sauvage a pu faire sa réapparition. Les parcelles enherbées et la végétation alentour sont désormais de véritables refuges pour les différentes espèces. Celles-ci peuvent alors contribuer à limiter les populations de ravageurs qui constituent une grave menace pour la vigne.

Ces éléments paysagers offrent notamment un gîte idéal aux oiseaux insectivores tels que l’alouette lulu, le rouge-gorge, le troglodyte ou la huppe fasciée. L’aménagement et la préservation de la nature attirent également une grande variété d’araignées et d’insectes, non spécifiques de la vigne : eux aussi jouent un rôle de régulateur en favorisant la diversité du biotope (c’est-à-dire du milieu de vie).

Des animaux de la ferme précieux pour garantir l’équilibre de la vigne

Moutons-Vignes-Faune-BiodiversitéSi la sauvegarde de l’environnement est propice au retour d’une faune sauvage diversifiée, d’autres spécimens à deux ou quatre pattes sont également invités ! En effet, certains vignerons n’hésitent pas à convier des animaux de la ferme sur leur domaine, en installant, par exemple, un poulailler à proximité des vignes.

Oui, pour combattre les mauvaises herbes, rien de plus efficace que ces gallinacés ! En plus de leur mission de désherbage, les poules remplacent aisément certains insecticides : en grattant la terre au pied des ceps, elles se nourrissent avec délectations d’insectes, de chenilles et de vers susceptibles de détériorer les bourgeons au printemps.

Au Château Tour du Pas Saint-Georges à Saint-Émilion, ce sont en revanche les moutons qui ont la délicate tâche de désherber sous les rangs. Mais qu’il s’agisse d’ovidés ou de poules, une chose est sûre : leurs déjections et fientes sont en outre une excellente fumure, bénéfique à la fertilisation de la vigne !

Le cheval, une alternative naturelle au tracteur pour les vigneronsVignes-Cheval-Biodiversité-Faune

La traction animale séduit de plus en plus de viticulteurs soucieux de préserver la pérennité de leur exploitation. Contrairement aux machines agricoles, le cheval de trait a pour principal avantage d’éviter le tassement des sols qui, à la longue, entraîne une mauvaise irrigation de la vigne : les vibrations répétées des roues des engins créent en effet un phénomène de compaction, qui empêche l’eau de s’infiltrer sous terre pour constituer des réserves.

Il est vrai que le retour à la traction équine, bien loin d’être une simple tendance ou l’expression d’une nostalgie, répond à un réel besoin agronomique. Par ailleurs, il s’inscrit dans une démarche écologique puisque le cheval n’émet aucun CO2, ne nécessite pas l’usage de carburant, et limite le recours aux désherbants chimiques.

Privilégiant une viticulture biologique et biodynamique, le Château Le Puy, en AOC Côtes de Francs à Saint-Cibard, est l’un des premiers à avoir réhabilité le labour à l’ancienne. À Pauillac, le Château Latour, sensible à ce travail plus soigné, précis et respectueux des sols, a installé une écurie sur son domaine. Le Château Pape Clément s’est lui aussi converti à cette pratique, avant de travailler également avec des bœufs. Toutes ces initiatives durables sont au cœur des ateliers proposés par l’École du Vin de Bordeaux. Car leurs intervenants passionnés sont avant tout des acteurs de la filière vitivinicole, qui seront ravis de vous partager les engagements des vignerons bordelais. 🌱


Vous l’aurez compris : plus que jamais à Bordeaux, les viticulteurs sont convaincus de la valeur précieuse d’une faune variée pour l’équilibre de la vigne. Sans plus tarder, découvrez les autres bonnes pratiques de ces hommes et de ces femmes au quotidien !

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