Courtier en vin, un acteur incontournable de la place de Bordeaux
ÉDUCATION
juin 23, 2016

Courtier en vin, un acteur incontournable de la place de Bordeaux

La semaine des Primeurs à peine achevée, son travail à lui ne fait que commencer : c’est l’heure, pour le courtier en vin, d’entrer en scène. Ce « matchmaker » assure le respect et la transparence des échanges entre producteur et acheteur. 

Interlocuteur privilégié des viticulteurs comme des négociants, le courtier joue un rôle central dans le réseau de distribution des vins, et bien que située très en amont, son intervention a une résonance sur l’ensemble de la chaîne… jusqu’au consommateur final.

Métier et histoire

À Bordeaux, le courtage est l’une des trois familles de la filière vin, au même titre que la viticulture et le négoce. C’est dire l’importance accordée au métier de courtier. Et pour cause : en Gironde, plus de 75% des transactions annuelles entre vignerons et négociants sont réalisées par son intermédiaire. Profession ancestrale et pourtant mal connue, l’activité de courtage en vin a été codifiée, en France, dès 1321 par une ordonnance de Philippe Le Bel.

Le courtier en vin dit « courtier de campagne » intervient dans les échanges sur le vin en vrac. Sa fonction consiste à mettre en relation ceux qui vendent – les producteurs – avec ceux qui achètent – les négociants. Il fait se rencontrer offres et demandes, et en retour, reçoit une commission. Activité réglementée, la pratique du courtage répond à un cahier des charges strict. Intermédiaire indépendant et non mandataire, le courtier en vin ne prend aucun engagement pour le compte du donneur d’ordres et n’achète pas en son nom propre. Le courtier en vin joue un rôle de conseil auprès des deux parties, mène la négociation et définit les modalités de vente, résout les éventuels différends, constate l’accord conclu entre le producteur et le négociant et veille à la bonne exécution du contrat.L’histoire du vignoble bordelais est profondément liée à celle du courtage. Sur la Place de Bordeaux, ces professionnels du vin exercent leurs talents depuis près de trois siècles. 

Portraits

Véritable mémoire du Bordeaux viticole, le bureau de courtage Tastet-Lawton poursuit, aujourd’hui encore, sa mission dans la droite lignée d’Abraham Lawton, jeune Irlandais venu de Cork débarquant, en 1739, sur les terres girondines pour y créer le premier bureau de courtage de Bordeaux. Son fils, Guillaume Lawton, est à l’origine du « fameux carnet » de 1815 qui décrit les châteaux et décrypte les millésimes, prémices du classement des Grands Crus de 1855. Daniel Lawton, arrière-arrière petit fils de Guillaume a tenu les rênes du bureau de famille depuis 1952.

Aujourd’hui, la relève est assurée par les neveux de Daniel, Erik Samazeuilh et Bertrand de Lesdain, conservant le métier de courtage dans la tradition familiale. 

Au cabinet de courtage François Lévêque, le métier est dans la famille depuis cinq générations également. Seule différence, c’est Caroline Lévêque, fille de François qui, après un stage dans le bureau de son père, décide de s’associer à lui, devenant la plus jeune courtière assermentée de France et apportant une touche moderne au métier. En effet, elle a développé un logiciel de cotation en temps réel du marché de la place de Bordeaux. Pari gagné donc pour cette alliance entre le père, homme d’expérience, et la fille et sa vision moderne du marché. Le métier de courtier en vin ne semble visiblement pas prêt de s’éteindre. Pas de doute, la relève est assurée.

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