Les 10 anecdotes à sortir sur les vins de Bordeaux pour le prochain apéro.
ÉDUCATION
octobre 9, 2018

Les 10 anecdotes à sortir sur les vins de Bordeaux pour le prochain apéro.

Vous quittez le boulot vendredi soir. Hop, une petite virée par votre caviste préféré et vous voilà qui ressortez une bouteille de Bordeaux sous le bras. Direction Les Chartrons pour un apéro dernière minute chez vos potes Bastien et Claire. Sur le chemin, vous essayez de vous remémorer ces 10 anecdotes que vous avez lues sur le site des Vins de Bordeaux, histoire de pimenter la discussion. Histoire aussi de vous faire passer pour un Bordelais (et faire oublier à tous que vous avez débarqué de Lyon il y a à peine 6 mois). 
1. Le vignoble de Bordeaux est le plus grand vignoble d’AOC de France. 

L’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) permet de caractériser une zone géographique limitée par un même terroir. Certes. Mais qu’est-ce donc qu’un terroir me demanderez-vous ? Pour les vignobles il s’agit à la fois d’un sol, d’un climat, de cépages voire même d’un savoir-faire et d’une histoire commune. 

Mais ce n’est pas tout. Chaque AOC doit suivre un cahier des charges rigoureux et contrôlé, lequel est inscrit obligatoirement sur l’étiquette du vin, entre « appellation » et « contrôlée ». Ce qui donne par exemple « Appellation Saint-Emilion Contrôlée ». Cela tombe bien, c’est le vin que vous avez choisi pour votre apéro. 

Donc, ce soir, quand vous porterez un verre de Bordeaux issu d’un AOC à votre bouche, fermez les yeux pour plonger dans l’histoire d’un terroir pour en déguster la qualité.  En France, 65 des 362 AOC de vins concernent le vignoble bordelais, c’est pas rien non ? 

2. En 1985, une bouteille de Lynch-Bages a fait le tour de la Terre à bord de la navette spatiale Discovery.

En juin 1985, alors que Patrick Baudry se préparait à participer à la première mission franco-américaine avec la NASA (Houston, Texas), des journalistes français lui ont demandé s »il avait l »intention d »emporter du vin à bord de la navette Discovery. Il a à peine eu le temps d’hésiter : “oui, bien sûr !” C’est alors qu’il a sollicité plusieurs producteurs bordelais … mais sans succès : tous croyaient à un canular. Et c’est finalement Jean-Michel Cazes qui se laisse séduire par cette proposition insolite.

© photos : pluris.fr

Il s’agissait au départ de dissimuler quelques gouttes de vin dans une bobine. Mais c’est sans compter l’enthousiasme de la NASA qui permet d’envoyer dans l’espace deux demi-bouteilles de Lynch-Bages 1975, dix feuilles de vignes de 1984, et une douzaine de petites fioles de Lynch-Bages 1984. Ainsi le lundi 17 juin 1985 la navette Discovery s’envole avec sa cargaison du Médoc dans l »espace pour un séjour d’une semaine et 114 tours du monde.

Trente ans plus tard, les bouteilles astronautes n »ont toujours pas été débouchées. Et personne ne connaît encore le goût particulier de l’apesanteur. 

3. Dans le monde, 21 bouteilles de vin de Bordeaux sont vendues chaque seconde. 

Cette renommée mondiale des vins de Bordeaux remonte à loin. Dès le début de son histoire, Bordeaux a été un vignoble dynamique et ouvert sur l’ailleurs. Ainsi, en plein moyen-âge l »union entre Aliénor, duchesse d »Aquitaine et Henri Plantagenêt, futur roi d »Angleterre scelle le sort du vignoble bordelais… Nous sommes en 1152 et l’histoire des vins de Bordeaux à l’étranger ne fait que commencer. 

Aujourd’hui, Bordeaux exporte presque la moitié de sa production (44% en 2017 soit 290 millions de bouteilles). Et devinez qui sont les premiers clients étrangers ? La Chine, les Etats-Unis… et la Belgique. Ah, nos amis les belges, toujours prêts à nous surprendre.  

4. L’assemblage est une particularité des vins de Bordeaux.

L’assemblage consiste à mélanger différents cépages dans un souci de qualité, de finesse et d’équilibre. Et c’est là un véritable art bordelais. Ainsi dans la région, on assemble généralement le merlot (c’est ici qu’on en produit le plus au monde), le cabernet sauvignon et le cabernet franc. Auxquels s’ajoutent parfois le petit verdot, la carménère et le malbec. 

A chaque cépage ses qualités, ses arômes, ses goûts… bref, ses particularités. Par exemple le merlot donne au vin beaucoup de couleur, de la souplesse ainsi que des arômes de fruits rouges charnus et ronds. Le cabernet sauvignon va quant à lui apporter au vin de la structure et des arômes de fruits noirs comme le cassis.

Et l’assemblage ne concerne pas que les Bordeaux rouges : les blancs aussi y ont droit. Ainsi il n’est pas rare de goûter un blanc qui soit un assemblage de sauvignon, sémillon ou muscadelle. Sans oublier les cépages auxiliaires que sont le colombard, le merlot blanc, le sauvignon gris et l’ugni blanc. Ça en fait des cépages à Bordeaux n’est-ce pas ?

5. Depuis 25 ans, le vignoble de Bordeaux travaille dans une démarche de développement durable.

En 2017, 60% du vignoble de Bordeaux est engagé dans une démarche environnementale, l’objectif est d’atteindre le plus vite possible 100%. 

Mais comment faire ? Plusieurs actions, collectives ou individuelles, sont mises en place au sein du vignoble : 

  • Anticiper l’avenir avec la recherche et l’expérimentation

  • Réduire durablement l’usage des pesticides

  • Mieux maitriser l’empreinte environnementale

  • Préserver la biodiversité

  • Bien vivre ensemble

6. Les canelés et le vin ?

Un petit canelé pour le dessert ? Depuis votre arrivée à Bordeaux, il y a deux sujets qui virevoltent quotidiennement à vos oreilles : le vin et les canelés. Et oui, car les deux sont indissociables. 

© photo : Mouton Cadet

Il paraît même qu’on a inventé la recette des canelés grâce aux vins de Bordeaux… C’est en effet le collage, une étape de la vinification favorisant la coagulation de particules instables, qui aurait donné l’idée de ces petits gâteaux caramélisés : au XVIIIe siècles les blancs d’œufs montés en neige étaient utilisés pour le collage… mais que faire des jaunes ? La légende raconte qu’ils étaient récupérés par religieuses du couvent des Annonciades à Sainte-Eulalie en Gironde pour en faire des gâteaux : les fameux canelés. 

7. La carafe à vin a deux fonctions.

Votre carafe accueille les vins « jeunes » (jusqu’à 10 ans environ) pour les aérer. On dit alors qu’on les « carafe ». Pour cela, on la choisit de forme évasée afin d’augmenter la surface de contact entre le vin et l’air et ainsi d’aérer le vin au moins 1h ou 2h avant sa dégustation.

Votre carafe permet aussi de décanter le vin vieux entre 10 et 15 ans. Mais attention, la forme n’est pas tout à fait similaire : cette fois-ci, elle présente un col étroit (une aiguière) de façon à éviter une trop grande aération qui viendrait au contraire détruire un nez déjà bien oxygéné au cours du temps. Le but est cette fois de séparer le vin de son dépôt formé avec les années. On sert alors le vin immédiatement après l’avoir décanté.

Alors, vous êtes plutôt carafe ou décante ? 

8. Le poisson ça marche aussi avec les vins rouges

Bon, bien sûr, tout dépend du poisson et du vin choisis.Mais un  poisson à la chair délicate et fine (truite, perche, sole, saint-pierre …) s’accordera parfaitement avec un vin peu tannique, souple et fruité. Essayez les AOC Bordeaux par exemple, vous ne serez pas déçu. 

En revanche les poissons de « caractère », à la chair serrée et gouteuse (l’espadon, le thon, la lamproie …) adorent se marier avec des vins rouges plutôt structurés et ronds. Rien de tel qu’un Fronsac ou un Lalande de Pomerol pour les accompagner. Alors oui, oubliez cette légende qui dit qu’un poisson se déguste nécessairement avec un petit blanc. Avec un petit rouge, ça marche aussi bien. 

9. L’Art de l’étiquette 

En 1945 que le baron Philippe de Rothschild met en place une pratique qui deviendra la signature du château Mouton Rothschild : inviter les plus grands artistes de l’époque à dessiner les étiquettes de ses vins. 

© photo : Château Mouton Rothschild

Au fil des ans ce sont ainsi Jean Cocteau, Miró, Chagall, Braque, Picasso, Tàpies, Francis Bacon, Dali, Balthus, Jeff Koons, et même le Prince Charles d’Angleterre (ne me dîtes pas que vous ignoriez son talent) qui se succèdent sur les bouteilles du fameux château. Et malgré la grande liberté dont disposent les artistes, certains grands thèmes, forcément, inspirent d’avantage leur coup de crayon : la vigne, le plaisir de boire ou encore le bélier (emblème de Mouton Rothschild). 

10. La confusion sexuelle dans les vignes pour leurrer les vers et réduire l’utilisation d’insecticide.

Et s’il suffisait de semer le doute dans la reproduction des insectes pour éviter de les voir pulluler ? Voilà une solution toute bête utilisée pour lutter contre le cochylis, le principal insecte ravageur du vignoble bordelais. 

Ainsi des capsules diffusent des phéromones femelles de synthèse qui sèment la confusion sexuelles chez les mâles… lesquels, guidés par leur odorat, ne parviennent plus à trouver les véritables femelles.

Voilà un procédé qui peut paraître un peu retord mais qui a le mérite de limiter considérablement la reproduction de ce ravageur : sans œufs pondus dans les baies, pas de larves qui raffolent de ces baies … et pas non plus de place pour les champignons. Et voilà, les raisins peuvent s’épanouir.

Et voilà, vous arrivez en bas de chez vos amis, une bouteille de Bordeaux à la main et des anecdotes plein la bouche !  

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