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14 Nov
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News
9 novembre 2018
La nature est ainsi faite, elle a ses aléas. Mais si l’on garde une vision collective, on a tous les critères d’un grand millésime.

Des nouvelles du millésime 2018

Une année en dents de scie, un moral qui fait les montagnes russes... Puis l’accalmie. Ouf. 

Voilà comment pourrait se résumer cette année dans le vignoble bordelais : du calvaire au caviar. 

« C’est un millésime miraculé. Malgré les conditions météorologiques surprenantes jusqu’au début de l’été, le fort taux d’ensoleillement par la suite a permis aux raisins d’arriver à une maturité extraordinaire. On a pu tirer la quintessence du fruit, avec des tanins de très grande qualité, des vins complexes et un goût de fruit très présent », résume Hervé Grandeau, vigneron et président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux.

Car oui, le millésime 2018 sera un grand de chez les grands. Entre les vins rouges aux saveurs remarquables, les blancs aromatiques et équilibrés, nos papilles risquent fort de s’émoustiller. 

Et pourtant ... tout n’était pas gagné.  

Dès le printemps, le mauvais temps est au rendez-vous avec deux averses de grêle et des pluies virulentes. 
C’est au nord-est de Bordeaux, du côté de la Garonne, que la grêle a été la plus virulente. Mickael Rouyer, directeur du syndicat viticole de Blaye se souvient de ce premier déchainement météorologique, le 26 mai dernier. « C’était un samedi. J’ai vu l’orage arriver sur Bordeaux. Alors j’ai appelé les viticulteurs pour les prévenir. Vingt minutes plus tard l’orage était sur Blaye, suivant un couloir de grêle qui a touché Blaye, Bourg, une partie du Médoc et l’Entre-deux-mers ». 

Pour l’appellation Côtes de Bourg, ce premier épisode est « l’une des plus grande catastrophes, encore plus importante que le gel l’an passé.  2500 hectares ont été touchés sur les 4000 de l’appellation, dont 1000 à plus de 80% de pertes » explique avec une émotion encore palpable Didier Gontier, directeur du Syndicat Viticole des Côtes de Bourg
Près de 10 000 hectares au total ont été ravagés sur tout le vignoble bordelais par la grêle cette année. 

Et puis il a plu. Beaucoup, malgré la douceur du printemps qui s’installait. Une combinaison idéale pour la prolifération du mildiou, particulièrement agressif cette année sur la majorité des vignobles français. Ce champignon redoutable peut entraîner des pertes considérables de récolte. Peu de parcelles de vignes en sont sorties indemnes ... Du jamais vu depuis 50 ans de mémoire de viticulteurs bordelais.

Mais l’été a enfin a pointé ses rayons mi-juillet avec une alternance de journées chaudes et de nuits fraîches.  Il a séché la terre, assaini les vignes et gorgé les raisins de soleil. Le temps est à la maturation. Les sucres se concentrent sous les chauds rayons d’août et de septembre, jusqu’au coup d’envoi des vendanges.

 Il  a retenti aux alentours du 20 août pour les Crémants, les blancs secs et les rosés. Pour les rouges, les vignerons ont profité encore un peu des chauds rayons de cette fin d’été... 

Et finalement : plus de peur que de mal. Car après le gel historique du printemps 2017, qui avait entraîné une chute de 39% de la récolte, les vins de Bordeaux devraient renouer avec une quantité plus proche de la moyenne. « Il ne faut pas oublier que c’est seulement 10% du vignoble bordelais qui a été fortement impacté par les conditions climatiques... le reste s’en est très bien sorti », précise Hervé Grandeau. La qualité est au rendez-vous. « La nature est ainsi faite, elle a ses aléas. Mais si l’on garde une vision collective, on a tous les critères d’un grand millésime ». 

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