Les animaux vignerons du Bordelais
Journal
février 13, 2019

Les animaux vignerons du Bordelais

Depuis plus de 20 ans, la filière des Vins de Bordeaux s’est engagée dans une viticulture responsable et durable. Un des axes majeurs de cette politique environnementale active est la préservation de la biodiversité végétale et animale car la nature est un précieux allié dans l’adaptation des cultures aux évolutions de leur environnement et de sa résilience.

Cette biodiversité est aussi le signe d’un vignoble sain et équilibré. Elle est extrêmement importante pour les viticulteurs puisque le sol fournit la quasi-totalité des nutriments et de l’eau dont la vigne a besoin pour survivre. Permettre à un grand nombre d’animaux et d’insectes de pénétrer dans un vignoble accroît la diversité des micro-organismes présents dans le sol, la santé et la qualité de la terre qui contribue beaucoup à la création des vins que nous aimons boire.

Pour un certain nombre de viticulteurs bordelais, les chevaux constituent un moyen naturel d’éviter le compactage du sol et le risque de dégradation que peuvent causer les tracteurs. Les chevaux sont parfaits pour le labour entre les vignes car leurs sabots ameublissent doucement le sol, ce qui permet à la terre battue d’avoir facilement accès à de l’eau et à de l’oxygène après le passage des chevaux, un phénomène impossible à reproduire pour un tracteur lourd.

Les chevaux grignotent la canopée et fertilisent naturellement le sol lors de leur passage, éliminant ainsi le besoin de machines pour couper les feuilles et d’engrais commerciaux. En outre, la « taille » des chevaux les amène à naturellement graviter vers les feuillages supérieurs d’un vignoble, permettant ainsi à davantage au soleil d’atteindre les grappes, favorisant ainsi le processus de photosynthèse et augmentant la productivité globale.

Cependant, il n’ya pas que des chevaux que l’on peut croiser au détour des vignes. Lorsqu’ils sont autorisés à parcourir le domaine d’un viticulteur, les moutons mangent les mauvaises herbes qui poussent à la base des vignes et, lorsqu’ils pâturent, fertilisent naturellement le sol, réduisant ainsi eux aussi le recours aux tracteurs. Un troupeau de moutons peut être autorisé à régner librement sur un vignoble pendant la grande majorité de la saison de dormance, après la récolte de l’automne jusqu’au début du printemps.

Même les poules peuvent donner un coup de main ou plutôt, de pied.

Le poulet fourrage et picore à travers les rangées de vignes, en éliminant les insectes et autres petits parasites à la base des vignes qui pourraient autrement attaquer les raisins. Il peut être extrêmement utile d’introduire des poulets dans une vigne à côté d’animaux plus grands, car ceux-ci dévoreront des insectes que les chevaux et les moutons ne remarqueront même pas et réduiront ou élimineront donc le besoin des viticulteurs de recourir à des applications chimiques pour éliminer les petits organismes nuisibles.

Il existe un autre animal, que l’on a moins de chances d’apercevoir lors de nos balades dans les vignobles mais qui a néanmoins un rôle important pour combattre certains insectes sur les exploitations : la chauve-souris.

En 2017, en partenariat avec la LPO (Ligue de protection des Oiseaux) et l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), le CIVB a réalisé une étude qui confirme que les chauves-souris sont d’excellents alliés dans la lutte contre les tordeuses de la grappe. Ce papillon, appelé aussi Eudémis et Cochylis est un nuisible qui favorise la pourriture grise (le Botrytis) dans les baies.
Des propriétés ont d’ores et déjà procédé à des aménagements pour favoriser l’implantation des chauvessouris dans le vignoble : maintien d’anciennes cabanes dans les vignes ou installation de nichoirs pour abriter les colonies ; points d’eau ou bandes enherbées pour faciliter l’entrée des chauves-souris dans les rangs de vignes.

L’introduction d’animaux est donc un réel avantage pour la santé générale d’un vignoble, en facilitant les emplois des viticulteurs et en éliminant le besoin de produits chimiques, d’engrais industriels et de machines lourdes. La diversité est une bonne chose, notamment lorsqu’il s’agit de produire de délicieux vins de Bordeaux !

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