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Vous êtes revenus ? Vous en redemandez ? Ça tombe bien, moi aussi, je suis complètement accro à ces bruits de couloir ! Après vous avoir embarqué dans le premier…
Vous êtes revenus ? Vous en redemandez ? Ça tombe bien, moi aussi, je suis complètement accro à ces bruits de couloir ! Après vous avoir embarqué dans le premier épisode (vous savez, celui que vous avez évidemment déjà lu… sinon go rattrapage immédiat), je vous propose aujourd’hui un épisode 2 tout aussi croustillant.
On va parler d’une marquise sacrément tenace, d’écrivains sentimentaux et de peintres qui font trempette (si si, c’est véridique). Oui, oui, tout ça s’est passé ici, en Gironde, sans que personne ne nous le raconte à l’école. Heureusement, je suis là pour vous souffler ces petits secrets.
Quand on parle de George Sand et du Château d’Eyran, on s’attend à faire pâlir tous les Marquis de Sade via ses love stories fiévreuses avec Chopin ou encore de Musset. Que nenni, aujourd’hui nous évoquerons l’autre George, à savoir la baronne Dudevant, de son petit nom Aurore. C’est par hasard qu’elle croise lors d’un séjour à la montagne, Aurélien de Sèze, futur vice-président de l’Assemblée Nationale. Aurore est mariée et les deux jeunes gens partagent la même passion pour la littérature et certainement la rando. Notre petit doigt raconte qu’une grande histoire d’amour platonique (bon, ça on n’en est pas si sûrs) voit le jour, avec notamment quelques promenades au Château d’Eyran. Allez, on vous accorde peut-être un doux baiser sur un banc mais pas de photo Insta pour en témoigner. Leur relation épistolaire prend fin avec le mariage d’Aurélien. Du Château d’Eyran et de sa prétendue liaison, George Sand a laissé comme signature le titre de son premier roman : Indiana, ou la vie romanesque d’une femme éprise, prise dans ses passions et face à ses choix. Serait-ce la terre indienne ou le prénom de la sœur d’Aurélien, chaperon de l’histoire et du duo, qui a inspiré George Sand ? À votre avis, chers lecteurs ? On le sait, l’illustre peintre Henri de Toulouse-Lautrec a vécu au Château qui porte son nom, à Saint-André du Bois. C’est là aussi qu’Henri mourra, en 1901. Ce que l’on sait moins, c’est que cet amoureux des terres d’Entre-deux-Mers aime aussi faire le chien fou dans l’eau, comme tout Girondin qui se respecte évidemment. Chaque année, il part à Arcachon avec sa mère et son oncle Ernest Pascal, Préfet de Gironde. Il y pêche, fait de la voile, se baigne, bref il vit sa meilleure vie. Son oncle ayant des problèmes d’argent, ce joli plan s’évanouit : il ne se laisse pas abattre pour autant et s’incruste chez son ami Louis, qui possède la Villa Bagatelle à Taussat. Pas folle la guêpe. C’est même dans cette fameuse villa que la dernière photo de l’artiste, énormément amaigri, sera prise peu avant sa mort. Son ami photographe Maurice l’accompagne souvent (tant qu’à faire autant s’incruster à plusieurs) et ensemble, ils vont à la pêche avec des cormorans, que son père Alphonse de Lautrec, maître fauconnier, lui a appris à dresser. Alors oui, cette question vous brûle les lèvres : mais pourquoi aimait-il autant le coin ? Parce que c’est beau oui, parce que c’est cool aussi, mais surtout parce que cet homme malade y trouvait du repos salutaire pour ses poumons abîmés. On ne le dira jamais assez : le Bassin ça fait du bien, point. Elle a tout vécu : elle est née avec une cuillère en argent dans la bouche et elle a accouché dans la terre. Elle a épousé son meilleur ami, l’a vu mourir puis perdu tous ses enfants. Elle, c’est Victoire, marquise de Donnissan. Rembobinons un chouilla si vous le voulez bien : nous voilà, chers Pulpos, plongés en 1773, dans le faste de la cour de Louis XVI au château de Versailles où les premières années de la vie de Victoire se déroulent sans faille. Soudain, et il en va de même pour le Roi de France, c’est la cata et on a même envie de dire : des têtes tombent. Rien ne va plus Madame la Marquise. Victoire s’enfuit dans le Médoc et se réfugie au domaine familial, le Château de Citran. S’ensuit un mariage de convenance et d’inclination avec son cousin qui l’emmène en Vendée : la voilà dans le clan des Chouans, donc anti-républicaine (#fallaitecouterencoursdhistoire). Le pauvre malheureux mourra dans des combats qui relèvent tout de même du massacre. Victoire, elle, connaîtra le danger, la précarité et la Terreur pendant de lonnnnnngues années, sans jamais rien lâcher. Sa vie est marquée par sa fidélité à la royauté mais aussi à sa maison de famille médocaine : ce combat d’une vie est retracé dans ses Mémoires qui racontent une vie rocambolesque et romanesque. Mais l’histoire de Victoire se raconte surtout dans les visites contées d’Alice, la propriétaire actuelle des lieux à Citran. Sand dessus dessous


Toulouse-Lautrec en maillot de bain
Plus royaliste que le roi

L’écrivain qui nous aimait
Nous voici à Artigues de Lussac, dans le Libournais : une abbaye superbe, fondée en 1137, pour venir en aide aux paysans du secteur mais aussi pour accueillir les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. En grande partie détruite par les Guerres de religion, elle sera vendue comme bien national à la Révolution française. En 1974, à l’abandon, elle a la chance de croiser le chemin de l’écrivain et académicien Maurice Druon (il a écrit, entre autres, Les Rois maudits). Notre cher Maurice fut également, on le rappelle (#fallaitencorecouterencoursdhistoire) ministre de la culture sous Pompidou. De restaurations en réparation, avec la complicité de son âme sœur Madeleine, il redonne vie à ce lieu complètement singulier et particulièrement canon. Aujourd’hui, la Maison Druon, classée Monument historique, est une résidence d’écriture pour artistes, scénaristes, bref tous ceux qui veulent écrire avec panache et vue imprenable sur la campagne. Et Maurice ? Maurice, lui, repose tranquillement dans le chœur de l’abbatiale de sa maison de cœur.
Bon, vous commencez à me connaître, je suis incapable de garder un secret bien longtemps… mais cette fois, je vais vous laisser mariner un peu. Parce que oui, des histoires insolites, le vignoble bordelais en regorge encore plein, et je vous en réserve quelques-unes bien juteuses pour le prochain épisode.
On se retrouve très vite pour de nouvelles confidences.
XOXO
Votre blogueuse préférée.
Immeuble Gironde – CS 92015
1 et 4 Terrasse du 8 mai 45
33076 Bordeaux Cedex
Tout nouveau, tout beau, plongez dans ce Hors-série Pulpe, le magazine gourmand de l’irrésistible vignoble bordelais !