L'Art de vivre
Le raffinement de Bordeaux commence par sa culture, son histoire et sa philosophie. Parcourez ces articles pour vous laisser inspirer par un art de vivre singulier.
Goya, le dernier des grands maîtres et le premier des modernes, a passé les quatre dernières années de sa vie à Bordeaux. Il y arrive malade et affaibli, à l’âge de 78 ans.
Issu d’un milieu très modeste, Goya a d’abord rencontré un vif succès à l’Académie royale d’Espagne. Il devient ensuite peintre officiel du roi Charles IV, de la noblesse espagnole et de l’ensemble de la famille royale.
Issu d’un milieu très modeste, Goya a d’abord rencontré un vif succès à l’Académie royale d’Espagne. Il devient ensuite peintre officiel du roi Charles IV, de la noblesse espagnole et de l’ensemble de la famille royale. En 1808, lors de l’invasion française menée par Joseph Bonaparte, Goya continue malgré tout à recevoir des commandes pour peindre les personnalités de l’époque, dont les dirigeants d’Espagne, de France, et de Grande-Bretagne.
Les problèmes politiques de l’artiste commencent lorsque la monarchie de Bourbon réclame le trône en 1814. Goya est naturellement décrété suspect par le nouveau régime du roi Ferdinand VII à cause de son allégeance à Bonaparte. Le régime de l’Inquisition est instauré. Goya ne reçoit plus de commandes. Durant ces années sombres il s’exprime en privé, en peignant les fameuses « Peintures noires » pour décorer les murs de sa maison.
Le maître vit alors dans un climat lourd de suspicion et dans l’ombre de l’Inquisition.
À partir de 1792, après avoir été gravement atteint d’une maladie l’ayant rendu sourd, sa santé ne cesse de décliner. C’est ainsi qu’il décide d’aller se faire soigner à Bordeaux.
Il s’y installe en 1824, avec sa gouvernante et sa fille au 57, Cours de l’Intendance. D’après son ami Leandro Fernandez Moratin, également exilé en France, Goya aime « la ville, le pays, le climat, la gastronomie, la tranquillité. » Il continue d’ailleurs à peindre, à créer des lithographies, dont une série très connue sur les corridas. Sourd, la vue baissant, on le reconnaissait dans les rues de Bordeaux grâce à son chapeau Bolivar.
L’œuvre principale de Goya lors de son séjour à Bordeaux est « La Laitière de Bordeaux » (La lechera de Burdeos), une huile sur toile datant de 1827. C’est la dernière peinture attribuée au maître. Le sujet est probablement la gouvernante Leocadia Weiss, qui s’est occupée de lui pendant ses dernières années. Certains pensent qu’il s’agit plutôt de la fille de cette dernière, Rosario Weiss, elle-même une jeune artiste. Aujourd’hui, ce tableau est l’un des plus admirés au Museo del Prado à Madrid.
En 1828, sa santé se détériore gravement suite à une congestion cérébrale dont il décède le 16 avril. La messe funéraire a lieu à la Cathédrale Notre-Dame. Il sera inhumé au cimetière de la Chartreuse, la réponse bordelaise au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Ces dernières années de la vie de Goya à Bordeaux ont été commémorées par le cinéaste de renom Carlos Saura dans le film « Goya en Burdeos ».